Laurent Batsch sur France Culture le 14 janvier dernier

02.02.2009

Laurent Batsch était l’invité des Matinales de France Culture mercredi dernier, aux côtés de Pascal Binczak, président de l’Université Paris VIII – Saint Denis.

A l’occasion des quarante ans des deux universités qu’ils président, Laurent Batsch et Pascal Binczak ont débattu de manière très large des conceptions de l’enseignement supérieur qui animent Dauphine et Vincennes depuis leurs origines.

 

Et en premier lieu, sur les objectifs d’une université. A la question provocatrice du journaliste Ali Baddou – « ça sert à quoi, une fac, en définitive ? » -, Laurent Batsch a résumé en quelques mots le double objectif de l’enseignement supérieur : une première mission qui consiste à l’élaboration de la connaissance et une seconde, tout aussi importante et complémentaire de la première, qui vise à l’insertion professionnelle des jeunes à l’issue de leur parcours universitaire.

Si toutes les universités ne choisissent pas la même voie pour atteindre leurs objectifs, à l’image de Dauphine et Saint-Denis par exemple, c’est bien évidemment normal et surtout souhaitable : l’enseignement supérieur se doit d’être diversifié afin d’offrir un parcours adapté à chaque étudiant ; cette diversité étant mise en valeur et souhaitée par l’autonomie progressive acquise par les établissements d’enseignement supérieur.

 

A cet égard, Laurent Batsch est revenu sur la loi relative aux responsabilités des universités, en indiquant qu’elle fournit seulement une autonomie de moyens sur la gestion des ressources humaines des universités. Il s’agit bien d’une réforme de gouvernance des universités et non pas d’une réforme stratégique portant sur des sujets clef, à savoir la sélection des étudiants et le financement des universités.

 

Concernant la sélection, Laurent Batsch a rappelé qu’aujourd’hui, plus de 400 000 étudiants en première et en deuxième année d’études ont été sélectionnés : les étudiants en BTS, en IUT, en classes prépa… Parmi eux, un millier de jeunes Dauphinois, sélectionnés pour mieux réussir, et évitant ainsi la pire des sélections qui est la sélection par l’échec et qui laisse tous les ans « sur le carreau » des dizaines de milliers de jeunes en échec à l’université.

 

Quid du financement ? Face aux moyens peu importants accordés par l’Etat, les universités françaises se doivent de trouver des sources de financement extérieures : les entreprises, les collectivités territoriales, les associations d’anciens, l’utilisation d’une fondation constituent des pistes prometteuses déjà explorées par Dauphine. A cela s’ajoute la question controversée des droits d’inscription, que Laurent Batsch souhaiterait pouvoir moduler à Dauphine en fonction des revenus des parents des étudiants. Citant Karl Marx, il rappelle que la gratuité de l’enseignement supérieur revient à « reporter sur les classes populaires le coût de la formation des enfants des classes supérieures ». En effet, pourquoi, lorsqu’un étudiant tire un bénéfice privé élevé de sa formation supérieure, cette dernière devrait-elle être financée par le contribuable ordinaire ?

 

Les 40 ans de Dauphine sont ainsi l’occasion, pour cette université « produit hybride du XVIème arrondissement et de mai 68 », de rappeler ses missions fondamentales : former les élites en matière de sciences de la décision et des organisations et favoriser une insertion professionnelle optimale de ses étudiants.

 

Retrouvez l’émission sur le site de France Culture :

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