La France du XVIIIe siècle : les prémices d’une gouvernance économique moderne

31.07.2016

Comment une économie de marché peut-elle se développer ? La liberté d’entreprendre émerge-t-elle nécessairement d’un assouplissement politique, ou peut-elle naître de changements plus mineurs comme une nouvelle organisation administrative ?

Spécialisé sur les questions de régulation économique et de gouvernance, Eric Brousseau, chercheur à Dauphine Recherches en Management (DRM) apporte, avec ses coauteurs, des éléments de réponse en analysant le cas de la France au début du XVIII siècle. Sous régime monarchique, le pays, à l’époque, ne semble pas disposer d’un environnement politique favorable à l’économie de marché. C’est pourtant à cette même période que les prémices d’une bureaucratie publique compétente et impartiale apparaissent.

Le Bureau du Commerce, une petite entité basée à Paris, est alors en charge de l’attribution des privilèges de manufacture, autrement dit les droits et aides accordés aux entrepreneurs. Grâce aux archives de cet organisme, les auteurs ont pu analyser le fonctionnement et le processus de décision de cette instance.

Il en ressort une grande modernité tant dans l’organisation de l’institution que dans ses critères de décision. Ainsi, la qualité du produit, son caractère innovant, un impact favorable sur la balance commerciale, ou encore des retombées positives sur l’économie locale sont autant d’éléments qui facilitent l’obtention d’un soutien. A contrario, si le projet nuit à la concurrence ou utilise une technologie déjà bien connue, ses chances d’être soutenu sont réduites. L’organisation collégiale des débats, le formalisme de la procédure de décision, et la consultation systématique des parties prenantes et sources d’expertises expliquent cette modernité de l’action publique.

En savoir plus sur les travaux d'Eric Brousseau, Professeur à DRM, dans le numéro 21 de Dauphine Recherches.